Destination RéussiteCarnet de route BelgiqueNous sommes des Flamands d'expression françaiseLa Commission Européenne Notre souhait de s'intéresser à cet employeur incontournable sur Bruxelles a été très bien accueilli par la Commission. Un portrait, c'est l'occasion d'humaniser « l'eurocrate ». Et nous proposer de filmer Andréa, c'est lui conférer un visage qui plus est aux antipodes des clichés. Avec Andréa et sa famille, nous sommes plus proches du couple post-baba que du gris fonctionnaire du film Brazil ! La zwanze et l'unité du royaume Pour appréhender l'esprit bruxellois, je décide de rencontrer, dès le premier soir, José Géal. Marionnettiste, José a été ans 40 durant à la tête de ce qui est devenu une institution populaire, le théâtre Toone (prononcer Tôône et non pas Toune, ça agace !), un estaminet flanqué d'une scène à l'étage, dans une bâtisse du XVIIe siècle. Toone, c'est la zwanze, la parodie, la galéjade incarnée… Selon José, les Bruxellois sont les « Marseillais du Nord » ! « Nous sommes des Flamands d'expression française, le fruit du mélange de ces deux cultures ce qui nous rend très ouverts. Nous ne versons pas dans le régionalisme étroit. » Pour preuve, la programmation du mois. On y joue la Révolution belge de 1830. A l'entracte, José fait le service à l'estaminet. Au mur, des boîtes de biscuits flanquées des portraits du roi Baudouin et sa famille. Un étudiant offre un autocollant tricolore « j'aime la Belgique » au maître des lieux. Et José de répondre « je vais le coller sur ma voiture » ! « Les Français brûlent Bruxelles ! » « Ne vas pas aux Marolles le week-end, il n'y a que des touristes » m'avait-on prévenu. Et comme tout bon chineur, le chineur bruxellois est matinal, les bonnes transactions se faisant au déchargement des camions, à la lueur des lampes torches… Alors je me décide pour vendredi, 06h30. Ca me paraît une bonne heure pour prendre le pouls du quartier des Marolles. Direction la place du Jeu de Balle, LE marché aux puces de Bruxelles dans LE quartier populaire. J'espère y entendre du brusseiler marollien, ce savoureux mélange de français et de néerlandais spécifique à ce quartier... Stupeur, la place est vide, les étals sont aussi rares que les acheteurs. Personne ne veut parler, tous refusent d'être filmés… Je me rabats sur le premier café. « Une soupe ? » me propose le patron… « Euh non, un café et un croissant ». « Ah, vous êtes Français… vous savez, les Français, ils brûlent Bruxelles. Vous vous rendez compte, depuis que Bruxelles est à 85 minutes de Paris, ils sont nombreux à s'installer ici et ils payent jusqu'à deux fois le prix des appartements en croyant faire des affaires !»… Guillaume Gouet |
A voir et à revoir |