Destination RéussiteCarnet de route de Johan Baudin"L'Île verte" Une mer turquoise, striée de rainures d'émeraude. Vue du hublot, l'île verte où je me rends pour la première fois, c'est d'abord la mer d'Irlande. Puis un ciel argenté, puis moutonné, et une brise qui vous cingle le visage. Première impression, thermique. Direction Dublin. Je note une église en granit très sombre. Rendez-vous à l'université pour une rencontre avec une professeure de français. Elle va m'ouvrir la porte d'un amphithéâtre où est réuni un groupe d'étudiants Erasmus. La leçon du jour : la civilisation irlandaise. Je profite de l'occasion, je commence à tourner. Et décide de les suivre pendant la semaine. Je vais recueillir leurs impressions. Ils n'ont pas l'air malheureux. Deuxième jour et interview dans une entreprise spécialisée dans le recrutement de francophones. Dans les locaux, les chasseurs de tête ont en moyenne 26 ans. Les postulants aussi. Après-midi à réaliser des illustrations de la ville. Aucun problème pour filmer, la caméra est toujours la bienvenue. Je passe à l'improviste à la tour Guinness qui jouit d'un très bon panorama sur la ville. Ailleurs, il aurait fallu prévenir, envoyer des mails, contacter le service de communication. Pas en Irlande. L'accueil est toujours chaleureux. Je dois juste céder au rituel de la pinte de brune. Soirée dans les rues du centre-ville. J'écoute les passants. Accents italiens à la sortie d'un pub, tourner à gauche, deux français avec attaché-case. Remonter sur cinquante mètres et un groupe de polonais, blouson fermé, les mains fourrés dans les poches. À la hauteur de l'épicerie où s'activent trois jeunes asiatiques, tendre l'oreille. Allemands droit devant. Une pointe d'accent toulousain les contourne, en talon haut accrochée à son téléphone portable. Taxi pour rentrer. Le chauffeur est irlandais. Je n'arrive pas à savoir s'il me parle en gaellic ou en anglais. Un détour par la lande sous la brume. Au printemps, une explosion de couleur m'assure le chauffeur. En octobre, un peu morne. Le soir, je rencontre un Belge, dix-huit année passées en Irlande. Désormais il s'évertue à faire revivre les canaux de la capitale. Portrait de Jihane, une jeune Marocaine, travaillant dans une société américaine. Je vais la suivre au cours d'une journée-type. Dans son entreprise, je retrouve tous les accents et toutes les langues entendues la veille au soir. Avec cette fois-ci devant chaque bureau des petits drapeaux nationaux pour indiquer la nationalité. L'Irlande accueille des jeunes travailleurs venus de toute l'Europe parfaire leur anglais et acquérir une première expérience. A 18 heures tout ce petit monde se retrouve au pub. En semaine, à consommer avec modération. Le week-end, un passage obligatoire. Johan Bodin |
A voir et à revoir |